10 sept. 2017

"Zéro alcool" pendant la grossesse. (Journaliste,) arrêtez de prendre vos lecteurs pour des imbéciles

Le magazine d'actualité l'Obs avec Rue89 a publié un article écrit par Renée Greusard, réagissant farouchement à la nouvelle campagne de prévention de Santé Publique France sur l'alcool et la grossesse. Et même à la recommandation abrégée du "zéro alcool" pendant la grossesse. Pourquoi ? Parce que l'on prendrait des femmes pour des imbéciles.
Affiche fictive du mode de communication
recommandé par cette expertise

Sauf qu'à la lecture plus attentive des arguments ou de ce qui y ressemble, une chose saute aux yeux : c'est plutôt le lecteur qui est pris pour un imbécile, homme ou femme ! L'attitude contemporaine étant de s'opposer à tout discours officiel, à toute agence nationale, à toute communication publique, voire à tout ce qui est fait en France : la surprise à lire cet article n'en est pas vraiment une. On peut spontanément penser à un article sournoisement commandité par les lobbies de l'alcool. Du déjà-vu, pour l'alcool ou le tabac. Mais non, il semblerait que le seul lobby derrière tout ça, soit celui du nihilisme comme nouveau créneau journalistique en vogue.

1 sept. 2017

Doses supra-nutritionnelles de vit B : des travaux invitant à la prudence

Quand le mieux serait l'ennemi du bien : des vitamines B *, oui, mais pas en excès !

Le suivi des 77 118 participants de la cohorte VITAL a apporté des résultats qui devraient dissuader de se supplémenter à dose supra-nutritionnelle (c’est-à-dire bien au-delà des AJR) en vitamines B6 et B12.

19 juil. 2017

Petites doses quotidiennes de vitamine D : il faut bien préférer la D3 à la D2

Il s’éloigne, le temps où l’on pensait que vitamine D2 (ergocalciférol) et D3 (cholécalciférol) étaient aussi efficaces pour améliorer le statut en vitamine D. Nous en sommes à peu près sûrs pour les bolus de vitamine D (semestriels, annuels…) [1,2], mais moins concernant les petites doses quotidiennes qui ont été moins étudiées : résultats contradictoires sur des méthodologies peu robustes. Or comme vous le savez peut-être, il est probablement préférable d’être supplémenté par de petites doses quotidiennes (ou à la rigueur hebdomadaires) que des bolus, si l’observance ne fait pas défaut [3,4].

3 juil. 2017

Les légendes sont faites pour durer

4 ans après avoir écrit les articles sur la légende des oméga-3 des œufs issus de l'agriculture biologique (et plein-air) : quel résultat ? Beaucoup de lectures et de prises de conscience (alors ça valait la peine de les écrire), beaucoup de contacts de la part des médias (souvent sans suite : message difficile à faire passer à l'heure où il doit être 100% noir et blanc et en faveur de l'opinion publique), et heureusement, aucune contradiction par les faits !

Mais malheureusement, au détour d'un site, d'un magazine ou d'une conversation, on croise toujours et encore cette recommandation fallacieuse d'acheter des œufs bios pour trouver des oméga-3 et moins d'oméga-6.
Une dizaine d'études citées l'ont pourtant prouvé, mais il faut savoir accepter que les faits sont moins convaincants que les émotions : inutile de gaspiller trop d'énergie pour ceux qui en sont victimes, rien ne leur fera changer d'avis.

Depuis ce temps, d'autres analyses l'ont confirmé dans le journal Poulty Science.

20 mai 2017

Huiles minérales des emballages et migration dans les aliments

Il faut bien comprendre qu'on est au delà du principe de précaution !
Certains aliments secs (pâtes, farines, céréales, biscuits, etc) sont parfois conditionnés dans des emballages en papier ou carton. On sait depuis bien assez (trop) longtemps qu'ils contaminent les aliments en huiles minérales, une grande famille de dérivés du pétrole dont certains sont des CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique). La presse vient de relayer les récentes recommandations de l'Anses [1], mais cela faisait 5 ans que les experts du groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire (CONTAM) avait publié un avis préoccupant [2]. En particulier pour les consommateurs fidèles à une marque ou qui achètent souvent le même produit alimentaire.
Voici ce qu'il faut savoir en tant que consommateurs éclairés !

21 avr. 2017

La composition nutritionnelle pour les Nuls [épisode Amandes/Avocat]

La série "Nutrition de comptoir" s'éternise mais les scénaristes trouvent de nouvelles idées à chaque épisode. Récemment, sur la télévision publique, un reportage a fait un focus sur l'amande. Avec un titre presque désobligeant pour elle (qualifiée de "super-aliment", sic), on s'attendait à une mise au point sur sa super-composition nutritionnelle. Y-a-t'il du mieux depuis le gag de la spiruline ?

27 févr. 2017

"La vitamine D réduit le risque de rhume de 12%" : FAUX !

Nous sommes toujours en hiver, et toujours confrontés aux infections respiratoires propices à cette saison : rhinovirus, bocavirus, influenza virus, virus respiratoire syncytial... on est loin de tous les connaître, parmi les quelques 180 000 virus par minute que nous respirons quotidiennement [1] (pas de panique, l’extrême majorité nous laisse tranquille !). Diminution de l'ensoleillement et donc de la vitamine D, celle-ci est en conséquence considérée comme une hypothèse expliquant l'association entre ces incidences épidémiques et les saisons froides. Du coup, quand une étude sort à ce sujet, la presse santé dégaine les gros titres. Et elle n'y va pas de main morte, je cite : "Voici un puissant anti rhume, la vitamine D", ou d'autres, plus humoristiques comme "Rhume : la vitamine D meilleure que la vitamine C". Forcément, il est facile d'être plus efficace que quelque chose dont on n'a toujours pas prouvé un vrai bénéfice clinique (mais le débat n'est pas clos) [2].
Cette efficacité a un chiffre qui revient souvent : 12%. D'après une majorité d'articles de presse, francophone ou anglophone, le risque de rhume serait réduit de 12% par une supplémentation en vitamine D. D'autres vont au delà, comme de 20 à 70% de réduction du risque. On va voir ce que ce n'est pas tout à fait vrai...
Alors que la déficience en vitamine D est un réel problème de santé publique [3], il convient d'être précautionneux : l'excès de zèle n'est pas l'ami du monde scientifique et médical et de sa relation, déjà bien tourmentée, avec le grand public. Petite mise au point sur l'étude qui fait parler d'elle.


9 mars 2015

Des pommes résistantes donc moins traitées?

L'image de la pomme est écornée. Symbole d'un fruit santé universel, elle devient le symbole des excès de la chimie agricole. Plus la pomme est belle et plus elle devient désormais suspecte, au grand dam de tout un système qui a cherché à la rendre parfaite, sans trace de sa lutte face aux bioagresseurs. Le fameux dicton "an apple a day keeps the doctor away" (une pomme par jour éloigne le médecin) traverse une mauvaise passe, et les patients ne manquent pas d'en faire allusion. Ils nous confient régulièrement leurs interrogations face aux résidus de pesticides, aux effets sur leur santé, et si finalement ils ne feraient pas mieux de nous les balancer en pleine figure pour nous éloigner! A nous de leur rappeler les bénéfices (cardiovasculaires, respiratoires, métaboliques, anti-cancers [1]) associés à la consommation de pomme, même traitée, en lien probable à sa haute teneur en composés phénoliques. A nous de leur rappeler la possibilité de les consommer sans résidus de pesticides de synthèse avec des pommes issues de l'agriculture biologique.

Y-aurait-t'il une alternative? On entend de plus en plus parler de pommes dites résistantes, telles que: Ariane®, Antarès®, Choupette®, Juliet®, la dernière née Story®... Elles nécessiteraient bien moins de pesticides: on entend dans les médias des chiffres variables, rapportant une réduction de 50%, voire de 90% ?! Dans le dossier de presse d'Ariane®, un producteur témoigne: "Je ne pratique plus qu'un traitement fongicide sur 10". Ces pommes bénéficient d'un marketing important avec sticker d'identification et site internet dédié, et souhaiteraient faire leur place entre les pommes conventionnelles sur-traitées et les pommes de l'agriculture biologique. Quand elles ne sont pas à la fois résistantes et biologiques! Qu'en est-il en réalité? Sont-elles plus écologiques? Allez-vous ingérer moins de pesticides avec ces pommes?